De nombreuses personnes de soutien sont aussi des patients — et bien des milieux de travail ne sont pas adaptés à cette réalité
Un nouveau rapport de PartenaireSanté révèle que des employés concilient discrètement travail rémunéré, responsabilités de soutien et leurs propres besoins en matière de santé
OTTAWA (Ontario) — Un nouveau rapport de PartenaireSanté révèle que de nombreuses personnes qui soutiennent un proche vivant avec une maladie grave gèrent également leurs propres problèmes de santé, tout en tentant de demeurer actives sur le marché du travail.
Le rapport, Qui soutient les personnes de soutien?, s’appuie sur un sondage national mené par le Réseau consultatif de la santé (RCS) de PartenaireSanté. Il révèle que 30 % des personnes de soutien sondées étaient également des patients vivant avec un ou plusieurs problèmes de santé. Parmi ce groupe, 60 % occupaient un emploi.
Pour ces personnes en emploi, les responsabilités de soutien et la gestion de leur propre santé ne s’arrêtent pas à la porte du travail. Elles font partie du même quotidien, où l’on soutient un proche, gère sa propre santé et tente de répondre aux exigences du travail. Pour les employeurs, cela signifie que ces réalités ne restent pas à la maison. Elles font déjà partie du quotidien des milieux de travail.
« Ce rapport remet en question l’idée que les patients, les personnes de soutien et les employés sont des groupes distincts », affirme Margaux Stastny, cheffe de la direction de PartenaireSanté. « Pour de nombreuses personnes au pays, ces rôles se chevauchent. Elles gèrent leur propre santé tout en soutenant un proche et en essayant de réussir au travail, souvent en silence, jusqu’à atteindre un point de rupture. »
Cette pression se reflète clairement dans les résultats. Parmi les personnes de soutien qui étaient aussi des patients, 84 % ont vécu de l’épuisement professionnel, 80 % ont indiqué que leur santé mentale était fortement affectée et 69 % ont affirmé recevoir moins de soutien qu’elles n’en ont besoin.
Le rapport démontre également que les responsabilités de soutien sont déjà un enjeu en milieu de travail, que les employeurs en soient conscients ou non. Près des deux tiers (62 %) des personnes de soutien sondées occupaient un emploi. Parmi elles, plus d’une personne sur trois (38 %) consacrait huit heures ou plus par semaine à des responsabilités de soutien en plus de son travail, tandis qu’une personne sur cinq (21 %) y consacrait 21 heures ou plus par semaine. Seulement 30 % des personnes de soutien en emploi ont indiqué pouvoir continuer à travailler comme à l’habitude. Une personne sur quatre (25 %) a eu besoin de mesures d’adaptation pour poursuivre son emploi, et près du tiers (32 %) de l’ensemble des répondants a subi des perturbations dans son parcours professionnel, notamment une réduction des heures de travail, un changement d’emploi, un départ du marché du travail ou encore une perte d’emploi ou une rétrogradation.
« Les conséquences de l’absence de soutien ne touchent pas uniquement les employés », ajoute Mme Stastny. « Elles se traduisent par de l’absentéisme, de l’épuisement professionnel, du roulement de personnel et une perte de talents. Les employeurs qui facilitent la conciliation entre le travail et les responsabilités de soutien sont plus susceptibles de retenir leur personnel expérimenté et de maintenir une main-d’œuvre résiliente. »
Le rapport met également en lumière un écart entre le soutien disponible et le soutien réellement accessible. Plus du tiers (37 %) des répondants ignoraient l’existence de services destinés aux personnes de soutien, et plus de la moitié (51 %) ont indiqué ne recevoir actuellement aucune aide supplémentaire.
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité des précédents rapports du Réseau consultatif de la santé, qui portaient sur les réalités liées à la gestion d’un problème de santé en milieu de travail et sur les obstacles à l’obtention d’un diagnostic. Ensemble, ces rapports démontrent que lorsqu’une personne vit avec une maladie, attend un diagnostic ou soutient un proche, les répercussions vont bien au-delà des rendez-vous médicaux.
PartenaireSanté invite les employeurs à reconnaître que les responsabilités de soutien et la gestion de problèmes de santé sont des réalités courantes au sein de la population active, et non des exceptions. Cela signifie créer des milieux de travail où les personnes connaissent les ressources qui s’offrent à elles, savent comment y accéder et peuvent obtenir de l’aide avant d’atteindre un point de crise. Pour les employés, cela peut faire toute la différence entre faire face à la situation en silence et se sentir véritablement soutenus. Pour les employeurs, cela peut se traduire par une meilleure rétention du personnel, moins de perturbations et une main-d’œuvre davantage en mesure de demeurer engagée.
À propos du rapport
Qui soutient les personnes de soutien? repose sur un sondage du Réseau consultatif de la santé de PartenaireSanté mené auprès de personnes de soutien à travers le pays. Le sondage a été offert en français et en anglais. Au total, 200 réponses ont été recueillies. Les résultats ne sont pas destinés à être représentatifs de l’ensemble de la population. Pour découvrir les autres rapports de cette initiative, consultez Les obstacles au diagnostic : les symptômes d’une crise et les priorités pour l’amélioration ainsi que Vers des milieux de travail plus inclusifs : gérer les problèmes de santé en milieu de travail.
À propos de PartenaireSanté
PartenaireSanté rassemble les milieux de travail, les organismes de bienfaisance du secteur de la santé et les communautés qu’ils soutiennent autour d’un objectif commun : améliorer la vie des personnes vivant avec une maladie grave grâce à des campagnes de collecte de dons en milieu de travail novatrices. Par l’entremise de ses 20 organismes de bienfaisance du secteur de la santé membres, PartenaireSanté aide les personnes à accéder à de l’information fiable sur la santé, à des programmes, à des communautés de soutien et à des ressources adaptées à leur condition.
Renseignements pour les médias
Julia Bacic
Spécialiste des communications
PartenaireSanté
jbacic@partenairesante.ca